Prédication donnée à Lens le 27 Juin 2007
Quand j’étais jeune (il y a fort longtemps…), j’ai fait un camp d’évangélisation à Paris. Nous faisions de mimes en ville, et ensuite, nous discutions avec les spectateurs de ce qu’ils avaient vu. L’un de mes amis était Irlandais, et ne connaissait que quelques mots de Français. Une après-midi, alors que je rangeais le matériel pour quitter une place Parisienne, il est venu me voir et m’a annoncé, tout excité, qu’il venait de parler Français pendant une demie-heure avec un homme d’une quarantaine d’années. Ils avaient parlé de choses profondes et complexes. Je me souviens encore de son regard à la fois excité et consterné, alors qu’il me disait : “J’ai parlé en langues!”
Ce jour-là, j’ai pris une véritable claque, et je me suis posé pour la première fois cette question : quelle est la qualité de mon parler en langues ?
En cherchant un peu sur le thème des langues, on trouve sur internet une farouche opposition à leur pratique. Je dois avouer que je n’ai pas vraiment été convaincu par les arguments donnés. Dans tous les cas, il est indéniable que dans 1 Corinthiens, Paul met les langues en vis-à-vis avec la prophétie, qui est le plus important des dons.
1Corinthiens 14:39 : Ainsi donc, frères, aspirez au don de prophétie, et n’empêchez pas de parler en langues.
Prophétiser, c’est dire ce qui est sur le coeur de Dieu, et parler en langues, c’est une expression du cœur irrationnelle. La personne qui parle en langues se laisse plonger totalement dans la présence de Dieu, elle s’y abandonne.
La glossolalie (= parler en langues) n’est pas du charabia. Techniquement, sur le plan linguistique, il est prouvé qu’il y a une différence entre le charabia incohérent et le parler en langues.
Le parler en langues est-il le signe du salut ? Non. C’est une promesse de Dieu. Signe de l’action de Dieu.
Marc 16:15 : Et il leur dit: Allez dans le monde entier, annoncez la Bonne Nouvelle à tous les hommes. (16) Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé, mais celui qui ne croira pas sera condamné. (17) Voici les signes miraculeux qui accompagneront ceux qui auront cru: en mon nom, ils chasseront des démons, ils parleront des langues nouvelles, (18) ils saisiront des serpents venimeux, ou s’il leur arrive de boire un poison mortel, cela ne leur causera aucun mal. Ils imposeront les mains à des malades et ceux-ci seront guéris.
Le parler en langue n’est donc pas une condition au salut, pas plus que la prophétie : c’est un don de Dieu, qui accompagnent ceux qui ont cru. Ce don n’est donc pas révolu, et s’il est écrit que les langues passeront, c’est qu’au ciel, nous n’en auront plus besoin.
Est-ce le signe du baptême du St Esprit ? Noui.
Etre baptisé du St Esprit ne signifie pas parler en langues, mais c’est un don que chacun est appelé à pratiqué, tout comme la prophétie, mais dans un autre registre.
Actes 10:45-46 : Les croyants juifs qui étaient venus avec Pierre furent très étonnés de voir que l’Esprit Saint était aussi donné et répandu sur les non-Juifs. (46) En effet, ils les entendaient parler en différentes langues et célébrer la grandeur de Dieu.
Le premier don visible en Actes 2 est tout de même le parler en langues.
Actes 19:1-6 : Pendant qu’Apollos se trouvait à Corinthe, Paul, après avoir traversé la région montagneuse d’Asie mineure, descendit à Ephèse. Il y rencontra un petit groupe de disciples et leur demanda: (2) Avez-vous reçu le Saint-Esprit quand vous êtes devenus croyants? Ils lui répondirent: Nous n’avons même pas entendu dire qu’il y ait un Saint-Esprit. (3) Quel baptême avez-vous donc reçu ? poursuivit Paul. Celui de Jean-Baptiste, lui répondirent-ils. (4) Oui, reprit Paul, Jean baptisait les Israélites pour indiquer qu’ils changeaient de vie, mais il leur disait aussi de croire en celui qui viendrait après lui, c’est-à-dire en Jésus. (5) Après avoir entendu cela, ils furent baptisés au nom du Seigneur Jésus. (6) Paul leur imposa les mains et le Saint-Esprit descendit sur eux: ils se mirent à parler dans diverses langues et à prophétiser.
Quand on prie en groupe, chacun apporte, au travers de sa prière, un éclairage, une manière de considérer telle ou telle situation. Dans le cas du parler en langues, c’est l’Esprit qui nous unit et qui rend nos discours intelligible pour les autres.
1 Corinthiens 14.4
La prophétie sert à l’édification du corps de Christ.
Les langues servent à l’édification personnelle – on peut dire que les langues s’apparentent à la prophétie si elle est interprétée.
Tiré de Raymond T. Brock, “The Therapeutic Value of Speaking in Tongues,” Paraclete, Vol. 23, hiver 1989, p. 27.
Effet relaxant et calmant
Parler en langues peut être une expérience réconfortante, par le fait qu’il a un effet relaxant et calmant sur le croyant perdu en méditation, conscient d’une onction divine.
Effet motivant
Parler en langues peut être une expérience motivante, dans le fait qu’il promeut une activité cohérente avec la révélation reçue.
Effet guérisseur
Parler en langues peut être une expérience guérissante alors que Dieu guérit le corps, la pensée ou les émotions du croyant se soumettant à l’inspiration divine et reconstruisant globalement son être physiologique et psychologique.
Effet révélateur du coeur
Parler en langues peut être une expérience révélatrice lorsque, en parlant en langues, le croyant reçoit une parole dans sa propre langue, venue par la soumission de sa volonté par l’expérience glossolalique.
Effet libérateur d’émotions
Parler en langues peut être une expérience libératrice lorsque les émotions sont guéries et les manières de vivre transformées.
L’épisode de la tour de Babel
Genèse 11:5-9 L’Eternel descendit du ciel pour voir la ville et la tour que les hommes construisaient. (6) Alors il dit: Voici qu’ils forment un seul peuple parlant tous la même langue, et c’est là ce qu’ils ont entrepris de faire! Et maintenant, quels que soient les projets qu’ils concevront, rien ne les empêchera de les réaliser. (7) Eh bien, descendons et brouillons leur langage pour qu’ils ne se comprennent plus entre eux! (8) Et l’Eternel les dissémina loin de là sur toute la terre; ils cessèrent donc la construction de la ville. (9) C’est pourquoi on l’appela Babel parce que là, l’Eternel avait confondu le langage des hommes de toute la terre, et c’est à partir de là qu’il les a dispersés sur toute la terre.
L’effet des langues à Babel est la division et la dispersion.
L’effet des langues à Jérusalem est l’unité et l’envoi.
Avec cette promesse, que si nous vivons l’unité, rien ne pourra nous arrêter (v6)
C’est un signe pour les incroyants, comme je l’ai expliqué en introdution.
Les mots que nous avons sont limités, les langues humaines ont été créées pour nous limiter. Mais les mots que Dieu nous donne dans l’Esprit nous transportent.
Romains 8.26 : De même aussi l’Esprit nous aide dans notre faiblesse, car nous ne savons pas ce qu’il nous convient de demander dans nos prières. Mais l’Esprit lui-même intercède par des soupirs inexprimables
Le parler en langue me permet de dire des choses que je ne peux exprimer dans ma langue.
Moi-même professeur de langue vivante, ej suis bien placé pour vous dire qu’une langue = une culture. Quand je parle en langue, je me place sous l’influence de la culture du royaume de Dieu.
La pratique des langues est source de problèmes et de controverses pour de nombreux chrétiens. Aussi, il est important de rappeller les fondements énoncés par Paul dans l’épître aux Corinthiens. Ainsi, la pratique des langues peut se faire de deux manières différentes :
1Co 14:1-5 Recherchez la charité. Aspirez aussi aux dons spirituels, mais surtout à celui de prophétie. (2) En effet, celui qui parle en langue ne parle pas aux hommes, mais à Dieu, car personne ne le comprend, et c’est en esprit qu’il dit des mystères. (3) Celui qui prophétise, au contraire, parle aux hommes, les édifie, les exhorte, les console. (4) Celui qui parle en langue s’édifie lui-même; celui qui prophétise édifie l’Église. (5) Je désire que vous parliez tous en langues, mais encore plus que vous prophétisiez. Celui qui prophétise est plus grand que celui qui parle en langues, à moins que ce dernier n’interprète, pour que l’Église en reçoive de l’édification.
1Co 14:12-19 De même vous, puisque vous aspirez aux dons spirituels, que ce soit pour l’édification de l’Église que vous cherchiez à en posséder abondamment. (13) C’est pourquoi, que celui qui parle en langue prie pour avoir le don d’interpréter. (14) Car si je prie en langue, mon esprit est en prière, mais mon intelligence demeure stérile. (15) Que faire donc? Je prierai par l’esprit, mais je prierai aussi avec l’intelligence; je chanterai par l’esprit, mais je chanterai aussi avec l’intelligence. (16) Autrement, si tu rends grâces par l’esprit, comment celui qui est dans les rangs de l’homme du peuple répondra-t-il Amen! à ton action de grâces, puisqu’il ne sait pas ce que tu dis? (17) Tu rends, il est vrai, d’excellentes actions de grâces, mais l’autre n’est pas édifié. (18) Je rends grâces à Dieu de ce que je parle en langue plus que vous tous; (19) mais, dans l’Église, j’aime mieux dire cinq paroles avec mon intelligence, afin d’instruire aussi les autres, que dix mille paroles en langue.
Prier en langues me booste à prier à voix haute : quand je prie en langues, je sens en moi monter tel ou tel thème de prière, telle ou telle image, parole, et ensuite je la prononce en Français. En effet, si les autres ne comprennent pas ce que je dis, on divise le corps de Christ, mais si les autres saisissent le sens de ce que je dis, on construit ensemble. Parler en langue en public est une étape avant l’interprétation.
Pendant un moment d’adoration, de chant en langues, de prière, d’intercession…
C’est l’esprit de Dieu qui nous submerge, et qui ouvre notre bouche. C’est comme un chant qui monte de notre coeur…
Mat 12 .34 : C’est de l’abondance du cœur que le bouche parle. (Car ce qu’on dit vient de ce qui remplit le cœur - version Semeur)
Bonjour Cédric,
Je constate une contradiction dans votre message sur le don des langues. Voici. Vous affirmez
“Les langues servent à l’édification personnelle – on peut dire que les langues s’apparentent à la prophétie si elle est interprétée.” ; alors que vous venez de dire : :”Dans le cas du parler en langues, c’est l’Esprit qui nous unit et qui rend nos discours intelligible pour les autres.” Si c’est pour les autres, il ne s’agit donc pas d’un don pour l’édification personnelle…”
Le contexte d’1 Corinthiens 14 avec sa citation du prophère Esaïe prouve que le don des langues était un signe pour les Juifs : “C’est en d’autres langues et par des lèvres étrangères que je parlerai à ce peuple; et même ainsi, ils ne m’écouteront pas, dit le Seigneur”. De sorte que les langues sont pour signe, non à ceux qui croient, mais aux incrédules…” (v. 22)Ce verset est la base sur laquelle il nous faut expliquer le don des langues et sa pratique dans l’église du temps des apôtres. Aujourd’hui, ce don n’a plus lieu d’être exercé. D’ailleurs, si l’on y réfléchit bien, à chaque fois qu’un gentil converti explique l’Evangile et parle de Jésus-Christ à un Juif, il lui rend un témoignage en langue… Je me permets de vous conseiller d’étudier l’expression “les langues” dans les petits prophères, c’est très instructif.
Salutations chrétiennes,
Max
“